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En France, une lecture du passe vaccinal (avec la fenêtre d’Overton)

Dernière mise à jour : 24 janv.

En France, le passe vaccinal a été adopté par l’Assemblée Nationale le 16 janvier 2022.


Selon plusieurs sondages récents, entre 57% et 66% des Français l’approuvent[1], même si on aperçoit quelques écarts selon les catégories d’âge[2].


Avec le passe vaccinal, une part prépondérante de la population est donc en faveur d’un outil qui, s’il a pour objectif affiché de protéger la population du covid en incitant fortement à la vaccination, comporte un ensemble de mesures qui sont objectivement restrictives des libertés.


Pêle-mêle, à partir de seize ans, le passe vaccinal est exigible pour accéder aux activités de loisirs, aux restaurants et débits de boissons (à l'exception de la restauration collective), aux foires, aux séminaires et aux salons professionnels, aux transports publics interrégionaux (lignes aériennes, ferroviaires, et cars) en France hexagonale. Sur décision des préfets, l'accès aux grands magasins ou aux centres commerciaux peut aussi être soumis au passe vaccinal. Les salariés des secteurs concernés devront, sous conditions, en disposer. La loi prévoit l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 31 mars dans bon nombre de territoires ultra-marins. En France métropolitaine, le régime transitoire dit de «sortie de l'état d'urgence sanitaire» se poursuit jusqu'au 31 juillet 2022.


En se prononçant en sa faveur, la population entérine le contrôle d’une partie des citoyens par les autres, dans une délégation de pouvoirs de police administrative sur l’ensemble de la population : outre les forces de l'ordre, les gérants des lieux et activités soumis au passe pourront vérifier l’identité des personnes qui s’y présentent, même si certaines conditions ont été définies pour encadrer un tel contrôle, non sans une grande ambiguïté d’ailleurs[3]. Par ailleurs, les exploitants des établissements encourent une amende de mille euros dès le premier manquement constaté au contrôle du passe.


La fenêtre d’Overton


La fenêtre d’Overton propose une lecture très intéressante de l’évolution de l’opinion et des mentalités sur un sujet donné[4]. En l’espèce, elle est donc très pertinente pour rendre compte du degré d’acceptabilité du passe vaccinal aux yeux de la population française, et tenter de rendre compte dans le temps du chemin parcouru dans les esprits par cette mesure.


Joseph Overton a développé son approche dans les années 90, alors qu’il était vice-président sénior du Mackinac Center for Public Policy, institut d’inspiration libérale installé dans le Michigan qui milite pour la dérégulation et les privatisations, notamment dans le domaine de l’éducation[5].


L’approche repose sur une analyse fondamentale : les responsables politiques sont limités dans les idées politiques qu'ils peuvent soutenir. Ils ne promeuvent en général que des politiques perçues largement par la société comme des « options politiques légitimes », au risque de voir le soutien qu’ils recueillent menacé et leur crédit diminué ; il faut donc prendre en considération l'horizon du « réalisme » en politique, variable dans l’espace et dans le temps[6].


Les positions qui s’inscrivent dans la fenêtre sont « sûres » pour les responsables politiques et la société est peu ou prou prête à les accepter, tandis que les autres ne le sont pas et présentent un certain caractère de radicalité.


La fenêtre d’Overton est matérialisée sous la forme d’une échelle indiquant l’éventail des politiques possibles[7].


La fenêtre peut à la fois se déplacer et s’étendre, augmentant ou réduisant le nombre d’idées que les acteurs politiques peuvent soutenir sans risquer indûment leur crédit électoral. Ce double mouvement de déplacement et d’extension se fait surtout sur la base d’un phénomène complexe et dynamique, l’évolution dans le temps des valeurs et des normes sociétales, façonnées par une multitude de facteurs au titre desquels, pour les plus significatifs d’entre eux, on peut citer les guerres, les crises, le progrès des sciences et des techniques, les catastrophes sanitaires ou climatiques, les événements politiques ou sociétaux majeurs…


Grille de lecture et d’analyse dynamique de l’opinion et des mentalités, la fenêtre d’Overton peut aussi être utilisée comme un outil de lobbying, au moyen de stratégies de nature à asseoir ou, à l’inverse, à contrer telle ou telle position dans l’espace mental d’une société et de ses dirigeants, jusqu’à influer directement sur leurs décisions.


Sans nous appesantir sur ces stratégies, on imagine sans mal la grande variété des actions et des agents possibles : la promotion directe par des discours explicites, par exemple par les politiques eux-mêmes[8], le gain d’alliés susceptibles de jouer le rôle de relais d’opinion et d’influence (médias, groupes de pression, think tanks, associations de défense, influenceurs, leaders d’opinion…), l’utilisation de courants porteurs (par exemple, à travers le développement de telle ou telle technique, qui élargit le champ des possibles), ou encore la stratégie du ballon d’essai, bien connue – quoique risquée – pour provoquer des chocs d’opinion dans la société permettant à la fois de tester l’acceptabilité d’une idée, tout en cherchant, en la nommant, à lui frayer un chemin dans les consciences.


Pour mobile et extensible que soit la fenêtre, il faut être conscient que l’effort à réaliser pour faire évoluer un certain nombre de positions installées dans l’opinion publique (aux stades populaire ou de la politique publique) sera plus important que de contenir ces mêmes positions à un stade plus « liquide » (par exemple, au stade acceptable), voire en les maintenant dans le « hors-champ » de l’impensable ou au stade de la radicalité.


A l’inverse, une idée impensable devra déjà gagner le « droit de cité » dans les consciences, ce qui peut prendre du temps, même si on observe que l’accélération des sciences et des techniques, et donc du champ des possibles, couplé à la difficulté à développer une réflexion éthique qui résiste au vertige des possibilités permises par les progrès scientifiques et techniques, tend à raccourcir le temps nécessaire à la pénétration des consciences. Pour sortir une idée impensable des limbes, il sera utile de passer par des analogies, autorisant les consciences à se représenter l’impensable par l’association de l’idée promue à d’autres idées qui soient elles-mêmes audibles.


Dans les deux cas, les stratégies devront donc être plus complètes et jouer de nombreux leviers d’influence, en s’inscrivant probablement en un temps plus long, sauf évènements favorables ou concours de circonstances qui permettraient de faire évoluer les lignes par effet d’aubaine. Elles seront aussi plus incertaines quant à leur succès compte tenu de l’effet d’inertie d’une opinion cristallisée, ou à l’inverse très éloignée de la « possibilité » même de l’idée.


Il va de soi que la question éthique est fondamentale et devrait guider en permanence le maniement d’une telle approche, capable de se muer en outil d'influence efficace. Il s'agit toujours de se demander dans quel but et à quelles conditions son utilisation est légitime... Les promoteurs de l’approche d’Overton ont clairement indiqué qu’elle ne présupposait pas le mensonge ni la manipulation, mais qu’elle se voulait d’abord un moyen de diagnostic et de compréhension de l’opinion et d’identification des politiques acceptables à ses yeux.


Le soutien au passe vaccinal au crible de la fenêtre d’Overton


Dans une démocratie du moins, lorsqu’une mesure entre dans la loi, atteignant ainsi le stade de la politique publique, et sans que cette mesure ne provoque de soubresauts sociaux significatifs[9], il faut avoir clairement à l’esprit que cette mesure aura parcouru l’ensemble des stades de la fenêtre… L’adoption du passe vaccinal marque bien la fin d’un processus, en tout cas à ce jour.


Il faut un regard rétrospectif pour comprendre la toile de fond dans laquelle s’inscrit l’adoption du passe vaccinal, et qui l’a permis.


Il y a d’abord l’accroissement de la préoccupation pour la sécurité, en France, mais plus largement dans les sociétés occidentales, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il est bien question en l’espèce d’une valeur dont la place et le rôle se sont accrus dans l’esprit de la population, et non simplement d’un sentiment résultant de menaces conjoncturelles. Il ne s’agit pas de retracer ici l’ensemble des arsenaux juridiques et des moyens militaires et de sécurité mis en œuvre, particulièrement aux Etats-Unis, pour faire face d’une certaine façon à la mondialisation du terrorisme inaugurée sur son sol, et au développement de la peur de l’attentat. Si on se focalise sur la France, l’accélération de la préoccupation sécuritaire prend racine dans l’attentat de Charlie Hebdo en 2015, précédé du choc des meurtres de militaires et de civils, notamment de confession juive, dont des enfants, commis par M. Merah en 2012. A cette crainte intérieure de l’attentat avait répondu comme en écho l’exposition de la France au Mali et dans la zone sahélienne, où elle se trouve depuis 2013 sans discontinuer, et où elle a déploré jusqu’à présent cinquante-huit décès.


Beaucoup plus récemment, le covid-19 a largement pris le relais de la menace terroriste en mars 2020 et nous a plongés, à l’instar de nombreux pays dans le monde, dans une succession de confinements et de restrictions, sur fond de communication permanente sur quelques variables simples (nombre de contaminations, nombre de personnes hospitalisées, nombre de personnes en réanimation, nombre de décès), et l’utilisation, en 2020 en tout cas, d’un registre tout sauf anodin, celui de la guerre, hissant le covid-19 au rang de conflits que l’inconscient collectif depuis le XXème siècle ne peut qu’associer à des événements particulièrement graves et anxiogènes.


Dans la succession des séquences que nous connaissons depuis 2020, un moment de rupture aura été, en août 2021, l’adoption du passe sanitaire, qui aura donné droit de cité à la subordination d’un certain nombre d’activités banales à la vaccination ou à la présentation d’un test négatif, et au renforcement par la loi du contrôle d’une partie de la population par une autre. Passe sanitaire qui se sera installé dans les esprits en huit mois tout au plus, non sans des manifestations minoritaires – et globalement désapprouvées par une majorité de Français[10] – qui n’auront pas dépassé l’été 2021. Ainsi, en février 2021, 57% de la population réprouvait le passe sanitaire ; en octobre 2021, 62% des Français pensaient que c’était finalement une « bonne mesure »[11]. La mesure faite par ce sondage n’est pas anodine : considérant après coup le passe sanitaire, la population a jugé les effets de ce dernier suffisamment bénéfiques pour provoquer son retournement ; l’avis est validé par l’expérience.


Ce franchissement rapide aura été possible compte tenu de la sensibilité d’une population inquiète pour sa santé à la lame de fond du discours sécuritaire. Cette lame de fond aura pris la forme d’un conditionnement, peu important qu’il soit volontaire ou non[12], sur le danger et les risques du variant delta. Ce conditionnement aura toutefois commencé à opérer dès la première vague en 2020 par la répétition quasi-quotidienne, et par le fait même anxiogène, des « chiffres » du covid.


Il faut aussi y ajouter la succession des montées et des reflux du covid au cours des deux dernières années, une sorte d’effet périodique de tension et de détente se concrétisant par des restrictions plus ou moins importantes à chaque fois. Effet insécurisant pour l’opinion et provoquant sa lassitude, et donc son envie « d’en sortir ». On pourrait y voir un écho au sein de la population du « quoi qu’il en coûte » économique transposé aux libertés publiques...


Cinq mois plus tard, en janvier 2022, nous sommes désormais passés au passe vaccinal, avec l’approbation d’une majorité de la population, toujours : on peut noter là aussi la vitesse à laquelle cette mue se sera opérée, comme sous l’effet d’un emballement qui interroge sur la grande acceptabilité d’un tel dispositif qui pousse bien plus loin les restrictions aux libertés publiques. En janvier 2022, peu ou prou au moment de l’adoption du passe vaccinal, 70% des Français estiment qu'il convient de privilégier sa santé et celle des autres à ses libertés individuelles[13]. Cette idée est majoritaire parmi toutes les classes d'âge, en particulier chez les 65 ans et plus (84%, contre 70% des 50-64 ans et 63% des moins de 50 ans).


En l’espèce, on peut penser que le passe vaccinal aura passé très vite les étapes « acceptable – sensé – populaire », dans la mesure où le passage du passe sanitaire au passe vaccinal n’aura pas été tant perçu par la population comme un changement de nature que comme un changement de degré ; le chemin avait été largement préparé dans les esprits par l’adoption en août 2021 du passe sanitaire : le « saut qualitatif » avait déjà eu lieu, en quelque sorte, et l’adoption du passe vaccinal n’aura donc pas nécessité de la part du pouvoir un effort et une prise de risque tels qu’il aurait hésité à adopter cette mesure.


L’alliance d’une toile de fond où la préoccupation sécuritaire n’a eu de cesse de s’imposer, d’un contexte polarisé sur le danger et les risques d’un virus, et de la lassitude face à l’incertitude et aux restrictions, aura permis d’installer et de légitimer la possibilité, l’acceptabilité puis la nécessité de mesures fortes, présentées comme indispensables à la sortie de la crise, et restreignant elles-mêmes davantage les libertés publiques, paradoxalement.


Protection contre le covid… ET protection des libertés !


Au stade où nous sommes, on peut se demander si l’opinion sur le passe vaccinal est cristallisée. En effet, son adoption s’inscrit dans un contexte particulier, celui d’une crise sanitaire, qui est exogène, où la restriction des libertés apparaît, dans sa justification officielle en tout cas, comme une nécessité en vue d’un bien jugé plus grand, la santé et la sécurité. Le discours tenu par le pouvoir reste celui d’une sortie du covid « espérée » en 2022[14] ; l’état d’urgence sanitaire et le passe vaccinal ne sont pas censés perdurer. Or, du point de vue des motivations, les facteurs exogènes qui pèsent sur nos comportements sont souvent ceux qui « tiennent » le moins. La suppression de la menace les détend nécessairement, et l’élasticité de nos comportements joue alors dans le sens d’un repositionnement vers la « normale ». Ce phénomène peut d’ailleurs apparaître très vite, comme on l’a vu maintes fois depuis l’été 2020 à travers le « relâchement » des gestes barrières, à la faveur des différents épisodes de montée et de reflux du virus.


Il faut toutefois être extrêmement vigilant sur le consentement que nous donnons à la limitation de nos libertés, a fortiori lorsque les restrictions adoptées touchent des comportements aussi fréquents et banals, dans une démocratie, que d’aller au restaurant ou au cinéma ou lorsqu’elles permettent le contrôle d’une partie de la population par une autre. C’est le risque du précédent, du fait accompli qui, dans la fenêtre d’Overton, maintient les mesures restrictives de nos libertés entre l’acceptable, le sensé, le populaire, ouvrant la porte à leur inscription dans la loi, toujours au nom de principes ou de bénéfices jugés plus importants.


Trois raisons poussent à cette vigilance.


Tout d'abord, à l’échelle de la société, le covid peut être assimilé à un trauma social. Or, un trauma est un ébranlement, de nature à provoquer des changements profonds et durables. Ainsi faudra-t-il évaluer vers quelle « normale » nos comportements se rééquilibreront, dans l’hypothèse d’une sortie prochaine et durable de la crise. On voit bien, depuis deux ans, qu’un certain nombre de centres de gravité ont bougé, nombreux étant ceux qui s’accordent pour dire que ces changements modifient structurellement le paysage : l’accélération de la digitalisation et le développement du « distanciel » et du télétravail, découverte pour de nombreux salariés qui semblent y voir plutôt un facteur de libération et d’épanouissement, ce phénomène étant sans retours en arrière dans les organisations, au sens des pratiques antérieures au covid en tout cas. On note aussi le chamboulement du rapport au travail, avec, d’un côté, ce qu’on appelle les vagues de démissions, la pénurie chronique de main d’œuvre et la volatilité des salariés dans certains secteurs qui n’attirent plus (par exemple, la restauration) et, de l’autre, l’accroissement de la recherche du sens au travail et l’aspiration à des équilibres de vie plus solides et durables, avec une certaine prise de distance – quand c’est possible – d’avec les grandes métropoles.Dans la toile de fond qui est la nôtre, il ne faudrait donc pas, sans crier gare, nous en tenir à des libertés dégradées, par l’effet de nouvelles habitudes.


C’est là le risque de l’effet cliquet [15], tel un curseur qui ne revient pas là où on aurait imaginé et voulu qu’il revienne. L’effet cliquet intervenant à partir d’un certain stade de développement du processus considéré, plus les contraintes et les restrictions s’inscrivent dans le temps, plus elles creusent leur sillon dans nos habitudes, multipliant les « chances » de le générer. La « normale » n’est jamais qu’un ensemble de pratiques un temps nouvelles, qui s’installent et s’imposent ; à l’échelle des comportements sociaux, il s’agit davantage d’un jeu et d’une tectonique que d’un changement brutal. Nos comportements peuvent donc évoluer insensiblement, croit-on, d’autant que le motif semble des plus rationnels et irréfutables (« C’est pour une bonne raison : la santé »). Nous pouvons alors entrer dans une sorte de syndrome du « glissement », a fortiori lorsque l’opinion valide majoritairement, mesure après mesure, les restrictions décidées par nos gouvernants.


Enfin, le covid a saturé nos champs de pensée et a polarisé notre attention sur nous-mêmes à travers ses différentes vagues depuis mars 2020. Cette éclipse cognitive ferait oublier que d’autres facteurs, pourtant majeurs même s’ils ont été relégués au second plan, peuvent générer de nouvelles mesures de restriction, ou la prolongation de celles que nous connaissons, et ainsi installer la restriction de nos libertés. Outre le terrorisme et la montée des problématiques de sécurité intérieure, on nous prévient que nous sommes entrés dans l’ère des pandémies, et qu’il nous faut nous préparer à d’autres épisodes, potentiellement plus graves. Les conflits géopolitiques, autour de l'axe d'affrontement sino-américain et plus récemment de la montée des tensions entre la Russie et l’OTAN, alimentent un climat de menace. La crise climatique, l’accès aux ressources, la question des inégalités, les mouvements migratoires..., sont d'autant plus enclins à générer des mesures autoritaires "qu'il y a urgence", et que gouvernants et sociétés pourraient finir par penser que la concertation et la recherche de solutions communes – ce qui revient à préférer la transition à la rupture – sont un luxe qu’on ne peut plus se permettre à l'échelle du temps qui nous est donné. Nous n’en avons donc pas fini avec le discours du risque…


La démocratie est ou devrait être un régime de raison. On ne rappellera jamais assez qu'il faut en prendre soin, que ce régime n'est pas, loin s'en faut, le plus répandu au monde, qu'il n'est pas protégé, comme par magie, de la dilution, et qu'il nécessite de la mesure, des efforts, de la critique et de l'auto-critique.

[1] Voir le sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Le Figaro mené entre le 3 et le 5 janvier 2022 selon lequel 63% des Français se déclarent favorables à son instauration à compter du 15 janvier. Ou encore, le sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, réalisé les 5 et 6 janvier 2022, où ils sont 66% à l’approuver. Un autre sondage Elabe Opinion 2022 pour BFMTV et L'Express, réalisé les 4 et 5 janvier, fait ressortir 57% d’opinion favorable. [2] Selon le sondage Elabe Opinion 2022 pour BFMTV et L'Express, réalisé les 4 et 5 janvier, l'adhésion aux mesures du gouvernement augmente avec l’âge puisque 69% des 50 ans et plus sont favorables au passage du passe sanitaire au passe vaccinal, contre 50% des 35-49 ans et 41% des moins de 35 ans. En outre, 65% des 50 ans et plus sont favorables à la réduction du délai à 4 mois de la dose de rappel pour converser un passe valide, contre 41% des 35-49 ans et 32% des moins de 35 ans. [3] Les députés ont adopté un amendement permettant d'exiger une pièce d'identité « lorsqu'il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté n'est pas authentique ou ne se rattache pas à la personne qui le présente ». On observa toutefois le caractère subjectif, et donc fragile, de la notion de doute… [4] Cf. https://www.mackinac.org/overtonwindow [5] On l’appelle aussi « Fenêtre de discours ». L’expression « Fenêtre d’Overton » n’a été forgée qu’après la mort de son auteur en 2003, sur la base de certaines de ses anciennes notes dont s’étaient saisis ses collègues. [6] Variation dans l’espace : par exemple, l’idée d’une sécurité sociale pour tous est acquise en France, tandis qu’aux Etats-Unis, elle reste très largement marquée à gauche, et elle a pu être portée par Bernie Sanders lorsque celui-ci a brigué l’investiture démocrate pour les campagnes de 2016 et de 2020. Variation dans le temps : le centre Mackinac évoque par exemple l’évolution de l’opinion sur la prohibition, un temps soutenue par la population à cause des troubles sociaux dus à l’alcoolisme, puis qui s’est retournée contre la prohibition lorsque ses impacts lui ont semblé négatifs. [7] Le centre Mackinac en donne des exemples très clairs, puisés dans l’histoire des Etats-Unis, dans sa vidéo de présentation de la fenêtre d’Overton, visible également à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=FMU0w4MP8Dc. On y voit la question de la prohibition, du droit de vote des femmes, des armes à feu. [8] Même si les promoteurs de l’approche d’Overton estiment que l’action directe des politiques est plutôt rare parmi les forces qui permettent le déplacement et/ou l’extension de la fenêtre. [9] Ce qui témoignerait de la part du pouvoir d’une erreur d’appréciation de l’opinion… [10] Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro publié le 3 septembre 2021, 57% des Français estiment que le mouvement des anti-passe n’est pas justifié. [11] Sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, réalisé les 20 et 21/10/2021. [12] Entendons-nous bien : le degré de conscience des acteurs qui participent de forces ou de mouvements collectifs est pour ainsi dire secondaire. Factuellement, l'exécutif a communiqué en permanence sur les "chiffres" du covid ; les médias les ont relayés en continu ; des citoyens s'en sont aussi emparés... Dans nos sociétés de l’information, ce ne sont que chaînes de communication, selon des séquences plus ou moins continues, plus ou moins intenses, plus ou moins variées. Ce qui est premier, ce sont bien les forces et les mouvements de fond qui s'expriment et s'exercent, et c'est cela qu'il est intéressant d'identifier et de comprendre, et qui permet de proposer des perspectives plus larges. Ces perspectives dépassent la question des acteurs individuels et du degré de conscience qu'ils ont de leurs agissements, même si elle les englobe. En somme, ce qui compte n'est pas tant l'intention que la réalisation, le projet que le fait, même s'il faut connaître des deux. Bien sûr, le citoyen est fondé à porter sa propre appréciation sur les acteurs politiques, leurs mesures et leur sincérité, mais il s'agit là d'une opinion, que chacun est libre de former. [13] Sondage Elabe Opinion 2022 pour BFMTV et L'Express avec notre partenaire SFR, réalisé les 4 et 5 janvier 2022. [14] Voir les vœux d’E. Macron du 31/12/2021.

[15] L’effet cliquet est utilisé dans de nombreux domaines : en économie, en droit, en sociologie, dans le domaine de l’anthropologie culturelle, ou encore en biologie du développement. En des termes simples, il désigne l’impossibilité de retour en arrière d’un processus arrivé à un certain stade de son développement. S’agissant des libertés fondamentales, il s’agit donc de l’impossibilité de les recouvrer à leur état initial, en tout cas selon un rééquilibrage qui serait « naturel ».